Millésime immobilier 2026, que prévoit-on.
Vers un marché plus stable… mais contrasté
Après des années marquées par l’incertitude — hausse des taux, inflation, pression sur le pouvoir d’achat — le marché immobilier semble s’engager vers un retour au calme en 2026. Plusieurs observateurs anticipent une hausse modérée des prix : selon les projections nationales, les prix pourraient croître de l’ordre de +2 % à +3 % sur l’année.
À l’échelle nationale, le nombre de transactions dans l’ancien pourrait s’établir autour de 960 000, en hausse par rapport aux années précédentes. Cette reprise s’explique pour partie par des taux de crédit qui restent « raisonnables » — même si les banques demeurent prudentes — et par un regain d’intérêt de la part des primo-accédants notamment.
Cependant, cette tendance ne se traduira pas uniformément sur tout le territoire. Les dynamiques restent très contrastées selon les régions.
Des disparités régionales importantes
Dans les zones tendues — grandes métropoles ou régions attractives — les prix pourraient rester élevés, mais la croissance sera modérée. Pour certaines régions, les prix pourraient même stagner ou légèrement refluer, en fonction de la demande et de la pression sur le marché.
En parallèle, le marché du logement ancien rénové — bien situé, économe en énergie — pourrait constituer la tendance forte de 2026. Les acheteurs, confrontés au coût élevé du neuf et à la raréfaction des constructions neuves, sont de plus en plus attirés par l’ancien réhabilité.
Enfin, la demande reste soutenue dans les zones périurbaines ou les villes moyennes, où l’accès au logement peut être plus abordable qu’en cœur de métropole. Cela pourrait renforcer le déséquilibre entre centres urbains très chers et périphéries plus accessibles
Un déficit persistant d’offre neuve
Un des freins majeurs identifiés à un renouveau spectaculaire du marché : la faiblesse de la construction neuve. En France, le nombre de logements neufs mis en chantier reste à un niveau historiquement bas, et les contraintes (coût des matériaux, régulations environnementales, rareté des terrains) pèsent lourd.
Ce déficit structurel de l'offre signifie que la demande va continuer à se concentrer sur l’ancien — ce qui pourrait maintenir les prix stables, voire les faire remonter, dans les zones les plus recherchées. À terme, cette rareté des nouveaux biens pourrait accentuer les disparités entre les territoires et exacerber les tensions en zones tendues.
Une réévaluation de l’immobilier comme classe d’actif
À l’échelle européenne, les investisseurs immobiliers semblent adopter une approche plus sélective et pragmatique. Selon le rapport PwC / Urban Land Institute (ULI) — "Emerging Trends in Real Estate Europe 2026" — les grandes villes comme Paris, London, Berlin ou Madrid restent les plus attractives pour les investisseurs, en raison de la liquidité, de la transparence et de la profondeur du marché.
Mais l’intérêt se tourne vers des segments jugés « résilients » — un logement ancien bien situé, optimisé énergétiquement, ou des biens à usage mixte, combinant résidentiel et services.
À quoi doivent se préparer les acheteurs, primo-accédants & investisseurs ?
- Prudence et personnalisation des projets : vu les disparités régionales, il faudra bien étudier la zone, le type de bien (ancien, rénové, neuf), et le potentiel de valorisation.
- Focus sur la performance énergétique et la qualité d’usage : les logements bien notés, rénovés ou dans de bonnes zones géographiques auront davantage de valeur, voire un avantage compétitif.
- Anticipation d’une offre réduite en neuf : pour ceux qui cherchent un logement neuf, il faudra accepter que l’offre reste limitée, ce qui pourrait freiner l’accès ou pousser vers l’ancien.
- Investissement réfléchi & long terme : l’immobilier redevient un actif « de valeur » — mais il faut viser des biens avec du potentiel (emplacement, qualité, sobriété énergétique), plutôt que se précipiter à tout prix.
Conclusion
L’année 2026 s’annonce comme un tournant modéré mais structurant pour le marché immobilier en France et en Europe. L’équilibre revient progressivement après les turbulences, mais la donne a changé : les disparités régionales, le déficit de neuf, l’importance de la qualité du logement et de sa localisation pèsent plus que jamais. Pour les acheteurs comme pour les investisseurs, la clé sera la prudence : bien cibler, analyser le marché local, privilégier la qualité et la pérennité.